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Jean-Edouard Jeauneau - éleveur de bovins

Jean-Edouard JEAUNEAU élève des vaches limousines.

Sa ferme est située à 11 km au sud de Nogent Le Rotrou : les Hayes de Barville, dans le PNR du Perche.
La race Limousine trouve ses origines à l’Ouest du Massif Central. Elle constitue le deuxième troupeau français avec plus de 720 000 têtes.
Cette vache de grande taille, possède une robe acajou clair, "froment vif", avec des zones plus claires autour du mufle et des yeux.

 La ferme

Elle comprend 145 ha 100% bio, dont environ 20 ha sont consacrés aux céréales (avoines, épeautre etc.) Le choix de l’assolement est fait en fonction des conditions climatiques de l’année.
Le reste correspond aux prairies composées de graminées et de légumineuses.
Les prairies ne sont pas labourées, mais ensemencées tous les 4 à 5 ans (trèfles incarnat, violet et blanc, luzerne, lotier, brome, fléole etc.), pour maintenir variété et qualité des plantes et du sol. Comme une bonne partie du terrain a un relief prononcé rendant toute culture difficile, ils restent en prairie naturelle. Sur l’ensemble des terres, JED Jeauneau pratique le compostage de surface.

Pour une gestion équilibrée du paysage et de l’espace, il faut adapter le nombre d’animaux à la surface et au climat local, permettant ainsi un bon contrôle de la pression du pâturage.

 L’élevage

Il compte environ 165 têtes (dont 60 vaches allaitantes, 3 taureaux, 60 génisses et 40 veaux) de race limousine, choisie pour ses qualités maternelles, de rusticité pour l’adaptation au mode de production biologique et surtout pour la qualité de sa viande.

Limousine

Les taureaux limousins sont renouvelés très régulièrement de façon à supprimer les risques de consanguinité.

Jean-Edouard Jeauneau et Addur, taureau Limousin !

L’éleveur a ponctuellement recourt à l’insémination artificielle. Depuis 2012, il utilise un taureau Angus rouge (race à viande d’origine écossaise) de plus petit gabarit, pour ses génisses afin de prévenir les risques liés au premier vêlage et toujours d’améliorer la qualité de la viande.
Les génisses vêlent pour la première fois à 3 ans. La gestation dure 9 mois. Les naissances ont lieu toute l’année afin de fournir des "veaux sous la mère" en toutes saisons. Cependant, l’éleveur essaie de limiter les vêlages de décembre et janvier, car ces derniers sont plus risqués.
Environ 60 veaux naissent chaque année, moitié mâles, moitié femelles. Les veaux femelles rejoindront le troupeau de vaches et participeront à son renouvellement. Les veaux sont dans les pâturages d’avril à novembre où ils se nourrissent du lait de leur mère et commencent à brouter un peu d’herbe (broutards), puis en stabulation libre de novembre à mars.
Les animaux destinés à la boucherie sont les veaux mâles allaités de 5 à 6 mois, qui ont alors une viande rosée. Pour la viande rouge, ce sont des jeunes vaches de 4 à 8 ans maximum, choisies en priorité lorsqu’elles ont des problèmes de reproduction ou de mauvais caractère et enfin lorsqu’il faut laisser la place aux plus jeunes ! Celles qui partent à l’abattoir, reçoivent un complément de luzerne et d’avoine pour un léger engraissement.

Au pré

Il n’y a pas d’ensilage de maïs, même si c’est autorisé pour 1/3 de la ration en bio. A titre comparatif : 1,5 ha de prairie de la ferme Jeauneau nourrissent une vache et son veau, alors qu’1 ha de maïs (très gourmand en eau et intrants chimiques) nourrit environ 8 vaches en "conventionnel", tout en nécessitant l’importation de soja OGM d’Amérique latine pour équilibrer la ration en protéine.

L’étable libre qui héberge les animaux a une grande hauteur, avec de grands volumes clairs et aérés, où foin et luzerne récoltés localement sont également séchés et stockés.

Etable et stockage des copeaux de bois

Ces animaux, faut-il le rappeler, sont des herbivores, et donc alimentés d’abord à l’herbe pendant la belle saison, puis au foin et à la luzerne durant la stabulation hivernale.
Ainsi, les terres de l’exploitation fournissent la totalité de la nourriture des animaux et couvrent leurs besoins sans recourir à des achats extérieurs.

 Gestion de l’énergie

L’exploitation est intégrée dans un paysage de bocage, avec 12 km de haies. Cela permet, en exploitant environ 500 m de haies par hiver, (recépage et conduite des arbres en têtards) de stocker après broyage et séchage, les copeaux de bois qui assureront le chauffage de toute l’exploitation pour l’année.

L’agriculteur a conçu un système de séchage du foin. L’herbe est mise en ballot 72 h après la fauche afin que les feuilles ne soient pas détériorées et que les UV ne détruisent pas les vitamines. Les ballots sont ensuite séchés à faible température en séchoir. L’air utilisé est entièrement chauffé par la chaleur accumulée par le soleil sur la toiture à double cloisons. Si le soleil n’est pas assez fort, la chaudière à copeaux de bois peut prendre le relais. Ce système permet de récolter l’herbe à un stade jeune quand la richesse en protéine est maximale.

Foin au séchage

En somme, l’exploitation utilise au maximum l’énergie du soleil (photosynthèse des plantes et des arbres, toiture solaire), ainsi que la force et le savoir-faire humains pour produire. Une part d’énergie fossile reste nécessaire pour le fonctionnement des tracteurs.

Le revenu est inférieur à celui d’un élevage conventionnel pour davantage de travail et moins de rendement, mais les Jeauneau restent totalement convaincus de leur démarche !

 Le sarrasin

Le sarrasin a été cultivé en agriculture biologique à la ferme pour la première fois en 2015 sur une surface de 2ha environ. En 2016/2017, le contrat est reconduit avec 2 distributions possibles.

Cette culture est intéressante car elle permet de faire une rotation avant de refaire une prairie. Elle contribue ainsi à une diversification de l’assolement des terres, essentielle à la vie du sol et à la biodiversité.

Autre qualité, le sarrasin fait des fleurs du début de l’été jusqu’à la récolte à l’automne : c’est une plante très mellifère. Elle permet donc le développement des insectes pollinisateurs, si menacés actuellement

Au niveau de la santé, le sarrasin est sans gluten, c’est donc une alternative locale au blé pour les personnes intolérantes de plus en plus nombreuses. C’est une graine très digeste avec de nombreuses qualités nutritionnelles (ruche en protéines, fibres, antioxydants etc.).

Le séchage du sarrasin a été effectué dans les deux heures qui suivent la récolte en adaptant le séchoir à foin. Pour le nettoyage et pour moudre le grain, ce sont les installations d’une ferme conventionnelle près d’Epernon (l’EARL du Loreau à Hanches) qui ont été utilisées. Chaque trimestre environ, cette ferme nettoie entièrement son installation (utilisée également pour le blé) pour permettre
le travail du sarrasin. C’est donc à ce moment-là, une fois le moulin intégralement nettoyé que cet équipement moud le sarrasin bio de la ferme des Jeauneau

Merci à Emilie Jeauneau pour sa contribution à cet article

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